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title: "Initiative visant à limiter la Suisse à 10 millions d’habitants, possible arrêt de l’immigration, dé"
sdDatePublished: "2026-04-15T05:25:00Z"
source: "https://www.iazicifi.ch/fr/10-millions-effets-sur-le-marche-immobilier-2/"
topics:
  - "housing and urban planning policy"
  - "immigration policy"
  - "real estate"
  - "construction and property"
  - "national elections"
locations:
  - "Monaco"
  - "Vienna"
  - "Switzerland"
  - "Zürich"

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  - "20000579"
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Initiative visant à limiter la Suisse à 10 millions d’habitants, possible arrêt de l’immigration, dénonciation des accords UE, risques majeurs pour secteur immobilier, conséquences complexes sur loyers, construction, marché des bureaux.

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10 millions – Effets sur le marché immobilier - IAZI AG – CIFI SA
Likely publishing date: 2026-04-15

La Suisse semble aujourd’hui atteindre ses limites. Les trains sont bondés, les routes saturées et il devient de plus en plus difficile de trouver un logement. Tel est du moins le diagnostic des initiants de l’initiative populaire « Pas de Suisse à 10 millions », sur laquelle les citoyens voteront le 14 juin 2026. L’initiative vise à limiter à long terme la population résidante permanente de la Suisse à dix millions de personnes. Si ce seuil est dépassé avant 2050, elle oblige la Confédération et le Parlement à mettre en place un arrêt de l’immigration. Si la croissance démographique ne peut pas être suffisamment freinée dans un délai de deux ans, le texte prévoit également la dénonciation de la libre circulation des personnes avec l’Union européenne. En vertu de la clause dite «guillotine», cela entraînerait automatiquement la fin des accords bilatéraux I.

L’initiative propose une réponse apparemment simple à la pression croissante liée à la densité : moins d’immigration signifie moins de pression, y compris sur le marché du logement. Mais précisément dans ce domaine, la question centrale est de savoir si un arrêt de l’immigration serait réellement en mesure de détendre le marché.

Effets potentiels sur le marché immobilier

Si la libre circulation des personnes devait être supprimée et que les accords bilatéraux étaient ainsi remis en cause, les conséquences pour le secteur immobilier seraient considérables. Le secteur de la construction en est un bon exemple. La disparition des accords bilatéraux I pourrait entraîner le retour d’obstacles commerciaux et de contraintes réglementaires, renchérissant et ralentissant l’approvisionnement en matériaux de construction. Parallèlement, le secteur dépend fortement de la main-d’œuvre étrangère. D’un côté, l’interaction entre attractivité du site et immigration est politiquement voulue. Une restriction de l’offre de main-d’œuvre pourrait entraîner une hausse des coûts de construction et accentuer la pénurie de personnel qualifié, ce qui risquerait de freiner encore une activité déjà limitée.

D’un autre côté, ces mêmes travailleurs génèrent eux-mêmes une demande supplémentaire de logements, ce qui alimente à nouveau la pression sur le marché. Une limitation de l’immigration pourrait donc atténuer cette demande à court terme.

D’autres segments seraient également concernés. Le marché des bureaux, par exemple, réagit généralement de manière sensible à la conjoncture économique. Une baisse de l’attractivité suisse se répercuterait rapidement. Par ailleurs, on observe déjà aujourd’hui un certain ralentissement, notamment dans les agglomérations et les quartiers périphériques des grandes villes – comme à Zurich Oerlikon. Dans ce contexte, les appels à faciliter la transformation de surfaces de bureaux en logements se multiplient afin de créer de nouvelles capacités résidentielles. Les effets concrets d’une acceptation de l’initiative sur le marché des bureaux restent toutefois difficiles à anticiper et entourés d’une forte incertitude.

Même si une réduction de l’immigration devait, à court terme, freiner la demande de logements, il n’est pas certain que cela se traduise à plus long terme par une baisse des loyers. Il est probable que les effets soient hétérogènes et qu’ils soient compensés par des dynamiques macroéconomiques plus larges. Dans l’ensemble, les conséquences pour le marché immobilier restent complexes et difficiles à évaluer, avec des risques potentiels, en particulier pour le secteur de la construction.

Une préoccupation légitime – mais un marché multidimensionnel

L’initiative répond à une préoccupation réelle qui occupe actuellement la population. Son approche est politiquement habile : la cible des « 10 millions » est particulièrement médiatique, bien qu’arbitraire et non fondée sur des indicateurs précis. Elle introduit en outre, de manière stratégique, la question de la limitation de la demande dans un débat jusqu’ici largement centré sur l’offre. Ainsi, le Polit-Monitor de CIFI recense actuellement 18 interventions au niveau fédéral portant sur les loyers et le logement – toutes axées sur l’offre.

L’initiative recourt toutefois à un instrument peu différencié pour répondre à la pénurie de logements. Les marchés immobiliers ne sont pas des systèmes unidimensionnels et l’immigration n’est qu’un facteur parmi d’autres. À Monaco, par exemple, les prix immobiliers augmentent fortement depuis des années, alors même que la population reste stable – sous l’effet des flux de capitaux, de l’attractivité fiscale et d’une offre extrêmement limitée. À Vienne, en revanche, la population croît de manière continue, notamment grâce à l’immigration, tandis que les loyers restent relativement stables. Cela s’explique en grande partie par des interventions importantes sur le marché du logement, une politique active de construction publique et une part élevée de logements publics.

La recherche empirique confirme cette complexité. Pour la Suisse, on observe une relation positive, mais modérée, entre immigration et loyers, en particulier dans les régions où l’offre est limitée1 2. Dans le même temps, ces effets dépendent fortement du contexte: lorsque l’offre peut s’ajuster, une partie de la pression est absorbée par la construction; lorsque ce n’est pas le cas, les prix réagissent plus fortement2.

En Suisse, la question demeure donc de savoir quels leviers activer pour accroître efficacement l’offre. Les principaux axes d’action résident notamment dans l’accélération des procédures de planification et d’autorisation, une utilisation et une densification plus systématiques des zones à bâtir existantes, ainsi que la simplification des changements d’affectation. Par ailleurs, une réflexion sur l’aménagement du territoire et la possibilité d’introduire des usages mixtes dans certaines zones d’activités gagne en importance.

L’enseignement principal est le suivant : le marché du logement ne se laisse pas piloter de manière unidimensionnelle. Des solutions durables nécessitent une combinaison de mesures différenciées et coordonnées.